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Il n’y a pas de « petit » dossier
IL N’Y A PAS DE «PETIT» DOSSIER
On ne cesse de recommander aux avocats une extrême vigilance dans l’étude de leur dossier.
Voici un exemple :
Un conducteur, toujours pressé, au volant d’une BMW M3, est flashé sur l’autoroute.
Vitesse effectuée : 250 km/heure.
L’homme pressé a déjà été condamné pour délit de grande vitesse.
L’infraction est établie et imparable.
Convoqué par la justice, le récidiviste manifeste quelque appréhension.
L’étude attentive du dossier permet l’observation de la photographie prise par les gendarmes lors de l’infraction.
Cette photo révèle d’une façon incontestable que le délit a eu lieu à l’entrée de Castelnaudary puisque la BMW est photographiée sous le panneau mentionnant cette ville.
Or, le récidiviste sera convoqué devant le Tribunal pour avoir dépassé le cap
des 250 km…à Narbonne.
Cette curieuse contradiction inspira l’avocat de telle façon qu’il obtint une relaxe imparable…
Il n’y a pas de « petit » dossier.
Les enfants de Saint Jacques
Perpignan.
Dimanche 22 mai 2005 à midi, rue Llucia, quartier Saint-Jacques.
Un jeune homme est poursuivi, rattrapé, lynché dans le café où il croit pouvoir se réfugier.
Au dehors, la foule, hystérique, hurle à la mort.
Les meurtriers sont « les enfants de Saint-Jacques ».
Ils tueront à l’unisson.
Ils ne laisseront aucune chance au supplicié qui aura sa tête fracassée et son coeur broyé.
Après la besogne, l’un d’eux répète avec fierté :
« Je l’ai tué ! Je l’ai tué ! « .
En cours de procédure -suprême lâcheté- ils s’accuseront les uns les autres.
La Famille de la victime que nous représentons va devoir affronter le procès.
Elle le fera avec dignité, mais posera cette question :
Pourquoi cette sauvagerie ?
Peut-on admettre qu’en plein coeur de Perpignan, dans une ville ouverte au 21ème siècle, toute une génération soit atteinte de stigmates irréversibles :
« Dangerosité, solidarité de clans, pulsions agressives et destructrices, oisiveté permanente, parfaite adaptation aux différentes aides, prestations sociales et familiales.
Enfants du quartier Saint-Jacques totalement livrés à eux-mêmes avec une scolarité, une vie professionnelle et une vie affective absolument inexistantes…Oisifs, toxicomanes et alcooliques adeptes à tout traffic…Aucun centre d’intérêt ni aucune activité culturelle, aucune perspective sociale ni professionnelle valable. »
Comment ne pas être étonné qu’un tel constat -connu de tous- n’ait pas entraîné la thérapie sociale appropriée, même si, à l’évidence, la tâche est difficile.
« Eclairez violemment le vice, vous chasserez le vice » disait Victor HUGO.
Les enfants de Saint-Jacques n’ont jamais été éclairés.