Les enfants de Saint Jacques
Perpignan.
Dimanche 22 mai 2005 à midi, rue Llucia, quartier Saint-Jacques.
Un jeune homme est poursuivi, rattrapé, lynché dans le café où il croit pouvoir se réfugier.
Au dehors, la foule, hystérique, hurle à la mort.
Les meurtriers sont « les enfants de Saint-Jacques ».
Ils tueront à l’unisson.
Ils ne laisseront aucune chance au supplicié qui aura sa tête fracassée et son coeur broyé.
Après la besogne, l’un d’eux répète avec fierté :
« Je l’ai tué ! Je l’ai tué ! « .
En cours de procédure -suprême lâcheté- ils s’accuseront les uns les autres.
La Famille de la victime que nous représentons va devoir affronter le procès.
Elle le fera avec dignité, mais posera cette question :
Pourquoi cette sauvagerie ?
Peut-on admettre qu’en plein coeur de Perpignan, dans une ville ouverte au 21ème siècle, toute une génération soit atteinte de stigmates irréversibles :
« Dangerosité, solidarité de clans, pulsions agressives et destructrices, oisiveté permanente, parfaite adaptation aux différentes aides, prestations sociales et familiales.
Enfants du quartier Saint-Jacques totalement livrés à eux-mêmes avec une scolarité, une vie professionnelle et une vie affective absolument inexistantes…Oisifs, toxicomanes et alcooliques adeptes à tout traffic…Aucun centre d’intérêt ni aucune activité culturelle, aucune perspective sociale ni professionnelle valable. »
Comment ne pas être étonné qu’un tel constat -connu de tous- n’ait pas entraîné la thérapie sociale appropriée, même si, à l’évidence, la tâche est difficile.
« Eclairez violemment le vice, vous chasserez le vice » disait Victor HUGO.
Les enfants de Saint-Jacques n’ont jamais été éclairés.